Caroline était revenue de ce concert Londonien complètement retournée, « je nous réserve la place il faut absolument que tu vois ça ! »… je supputais une reformation de Sonic Youth, Siouxie … ou alors les Buzzcoks, les Who ou T Rex ressuscités, bref ce qui nous avait fait danser au Rex et au Gibus bien avant qu’ils ne prennent le tournant acid…

Mais non, rien de cela. Pas de revival punk rock, ni même cold wave et encore moins mods ou glam… C’était au concert de l’icône des eighties, Madame Grace Jones que mon amie de tous les moments rock voulait m’entraîner. Les années 80, nous les avions vécues à la marge en rejetant tout ce que cette « grande » dame représentait, et plus que tout, en fuyant la soupe disco pour nous réfugier dans les petites salles de concerts. Mais me voila, 20 ans plus tard, obligée de laisser tomber tous mes préjugés car, au Grand Rex, ce dimanche 22 mars 2009, j’ai vécu un pur moment de grâce…

Juchée sur des escarpins plate-formes d’au moins 14 cm, (à faire pâlir les plus fashionistas de l’agence qui auraient sans aucun doute diagnostiqué un Pierre Hardy, un Louboutin…),  elle est apparue en créature polymorphe opérant un changement de « tenue » entre chaque chanson ! Un legging chair pailleté surmonté d’un incroyable justaucorps string pour simple costume nous obligeaient à fixer, hypnotisées ses jambes de 4 mètres, aussi fuselées que sur cette photo de son pygmalion Jean-Paul Goude.

A chaque tableaux, un univers visuel tantôt électro-épileptique de laser vert, tantôt cabaret, dans lesquels elle évolue féline, la voix divinement présente et incroyablement bien placée, malgré les contorsions acrobatiques auxquelles elle se livre. Elle est LA, heureuse de retrouver Paris. Elle nous parle depuis les coulisses, grivoise parfois, drôle souvent, libre drug sex and Grace ! Et nous vibrons tous, impossible de rester assis.

La Vie en Rose en clac blanc, façon Lili Marlène sera partagée au milieu des chanceux de l’orchestre au grand dam de la sécurité ! D’autres monteront sur scène pour danser sur pull up the bumper. Quant à moi, je garderai cette image d’un hula hoope rose ondulant tout au long de la mélopée de Slave to the Rythm sur le corps en transe d’une jeune femme de soixante et un an !

Stl Vintage

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