King day – Par notre envoyé spécial à Washington

king-dayLundi 19 janvier 2009
-5°C

Il y a 45 ans, le Dr Martin Luther King fit le rêve pour l’Amérique “qu’un jour cette nation se lévera et vivra la vrai signification de sa croyance.”, q’un jour ses “quatre enfants habiteront une nation où ils seront jugés non pas par la couleur de leur peau, mais par le contenu de leur caractère.”

Ces mots prononcés le 28 Août 1963 vont résonner profondemment le 20 janvier 2009.

Ces mots ont été prononcé à Washington, ville construite par les esclaves.
Il y avait à quelques mètres du mall le plus grand marché d’esclaves d‘ Amérique du Nord.
Sur Pennsylvania Avenue, ils transitaient, chaînes aux pieds, sous les yeux des sénateurs siégeant au congrès.

Aujourd’hui, c’est le Martin Luther King Day.
Le Martin Luther King day est un jour férié aux Etats-Unis depuis 1986. Il est fêté le troisième lundi du mois de janvier.

L’investiture de Barack Obama rend ce jour beaucoup plus spécial que les années antérieures. Chacun ici peut le ressentir.
L’atmosphère est chargée d’une trés grande émotion.

Barack Obama l’a souvent dit, il ne pourrait être là sans les combats de ses prédescesseurs et surtout celui du Dr. King.

Partout des portraits d’un Martin Luther King rayonnant sont érigés en ville.
Il est considéré ici comme le plus grand orateur de tous les temps.
Les media nous rappelle qu’il est devenu en 1964 le plus jeune lauréat du Prix Nobel de la Paix.
Les chaînes de télévision_quasi toutes_ passent en boucle les images de l’amérique des années 50-60 où l’on voit les “colored people” subissant les pires injustices…
Les journaux ne sont pleins que des mêmes images, des mêmes souvenirs honteux que les Etats-Unis souvent ont préféré ne pas voir pour mieux s’enfermer dans le communautarisme.

Aujourd’hui les américains font face à ces images, ils font face à leur histoire.

Ce jour ressemble à une grande et ultime commémoration.
Un jour nécessaire pour tourner la page d’une histoire douloureuse.

Un jour nécessaire pour que finalement, 45 ans plus tard, “les fils des anciens esclaves et les fils des anciens propriétaires d’esclaves puissent s’asseoir ensemble à la table de la fraternité.”

Un jour nécessaire pour que la réalité puisse rattraper le rêve.

Par Antoine – libre penseur, en direct de Washington

Début des festivités – En direct de Washington

inauguration-day-washingtonDimanche 18 janvier 2009
Washington D.C.
-8°C

Les foules arrivent à Washington. Le Metro est plein. Les gens viennent de toute l’Amérique, et du reste du monde.
Aujourd’hui a lieu le lancement des festivités “d’inauguration”. Barack Obama est arrivé hier soir à Washington. Il a passé la journée d’hier en train. Il a suivi le trajet emprunté par Lincoln en 1861 avant sa première prise de fonction présidentielle. Lincoln est le président associé à l’abolition de l’esclavage mais aussi celui de l’unité du pays. Pour assurer la réunification de ses concitoyens, il se montra trés tolérant à l’égard des confédérés sudistes lors de son second discours d’investiture (mandat qu’il ne terminera pas, assassiné avant terme).
L’idée du train, symboliquement reprise par Obama, est aujourd’hui un bon vecteur de communication. Il permet, à l’inverse de l’avion, de traverser les foules et de saluer  ses concitoyens. Bref, de rester au contact de l’électorat.

Le lancement des festivités à Washington a eu lieu à 2:30pm. Un concert sur le National Mall, ponctué de discours historiques, d’allocutions mémorielles pour finir par quelques mots du président elected (pas encore président…). Etaient présents Stevie Wonder, U2, Bruce Springsteen, Tom Hanks, Denzel Washington, Beyonce…
Une sorte de répétition générale avec 1 million de spectateurs. La moitié de l’affluence prévue pour mardi.
Sarko “l’américain” comme il s’était désigné lui-même ici à Washington est bien loin d’assurer le spectacle de son homologue Obama. Je ne pouvais m’empêcher, au milieu d’une telle énergie et d’un show à la hauteur de l’événement, de penser à Mireille Mathieu chantant la Marseillaise.

L’arrivée à Washington en train, les trois jours de célebration, et le serment sur la bible de Lincoln sont certes des réferences historiques. Mais c’est aussi une manière pour Barack Obama de montrer la solennelité qu’il attache à l’événement.
Nous ne pouvons ignorer que Lincoln était aussi le premier président républicain de l’histoire des Etats-unis.
Tout le monde ici sait déjà que le 20 janvier 2009 restera dans l’histoire.
Mais les républicains sont trés attachés à la gravité de la cérémonie d’investiture. Et c’est bien eux que Barack Obama cherche à séduire avec tant de références historiques.

par Antoine – Libre penseur, en direct de Washington

Inauguration Day – En direct de Washington

inauguration-daySamedi 17 Janvier 2009
Grand soleil, -12°C

Me voici à Washington DC, la capitale des Etats-unis. D’habitude si sobre, ses grandes avenues, ses jardins bien entretenues, la ville semble cette fois pleine d’énergies.

A trois jours de “l’ inauguration day” (l’investiture du nouveau président américain), Elle se prépare à être le centre du monde. L’événement est présenté ici comme un des plus grands moments de l’histoire des Etats-Unis. L’excitation est palpable partout. L’espoir de changement suscité par la campagne electorale de Barack Obama a soulevé une vague d’enthousiasme sans précédent aux Etats-unis.

Au niveau local, la gestion de l’événement s’annonce plus délicate. La ville va vivre le plus grand moment d’affluence de son histoire.
Les indications sur le déroulement de la journée d’investiture sont partout. Mais aussi les mises en garde. Jamais un dispositif de sécurité d’une telle envergure n’avait été déployé.

Le “National Mall”, la célèbre étendue de pelouse qui relie le lincoln memorial et le congrès, a déjà connu tous les temps forts de l’histoire américaine. Mais cette fois il pourrait s’y masser 2 millions de personnes. Tous les records seront battus…
Ces estimations sont livrées par les autorités locales. Elles envisagent tout simplement de fermer l’accès au site une fois la capacité maximale atteinte. >> Lire la suite