la-douleur

Le temps nous a manqué pour rédiger ce billet et vous inviter à aller entendre, voir, ressentir – absolument- Dominique Blanc, au théâtre de l’atelier, dans un texte fulgurant « la douleur » de Duras.

Oui, hier dimanche 11, c’était la dernière et je suppose que la salle a dû, comme ce fut le cas il y a huit jour, exprimer par des bravos explosifs, une standing ovation interminable , l’émotion intense contenue pendant une heure trente de douleur cathartique… Alors que la France célèbre la victoire gaulliste, Duras attend comme tant de femmes le retour de son militant de mari déporté à Dachau.

Un monde intérieur bouleversé, traversé par les pires obsessions, images de mort, de corps épuisés, cadavres bientôt, capitulant sur le chemin du retour. Et la réalité toute crue de ceux qui ne seront jamais les vainqueurs pour avoir tout perdu dans ses années noires. Pour sortir de son enfer intérieur, une seule voie : agir. Prendre part comme tant de militants à l’œuvre du terrible inventaire… Contre une administration dépassée par l’ampleur du massacre et de l’attente, aveuglée par la célébration d’une victoire qui n’est qu’un prétexte à retarder l’inéluctable liste.

Seule en scène, dans un décor de fin de guerre, à la fois nu et habité par tous les fantômes de cette vie en suspens, Dominique Blanc/Duras déverse sa révolte, sa détresse dans le flot d’un texte pénétrant. 15 jours ont passé, ces mots me hantent encore, car c’est toute la force du théâtre de faire résonner comme une voix du présent mots d’abord couchés sur le papier d’un journal intime écrit il ya plus de 65 ans.